Le CoQ10 est une molécule synthétisée par l'organisme tout au long de la vie, mais pas de manière constante. Sa production suit une courbe inversée avec l'âge : ascendante jusqu'au début de l'âge adulte, puis progressivement décroissante. Ce phénomène est documenté dans les tissus humains depuis les années 1990 et constitue l'une des bases scientifiques les plus solides pour envisager une supplémentation à partir d'un certain âge.
Ce n'est pas seulement la quantité produite qui change, mais aussi la capacité à convertir la forme oxydée (ubiquinone) en forme active (ubiquinol). Ces deux mécanismes conjugués expliquent pourquoi les personnes de plus de 40 ans constituent la population pour laquelle la pertinence d'une supplémentation en ubiquinol est la mieux étayée.
Le déclin du CoQ10 avec l'âge : ce que disent les données
Des mesures de concentrations tissulaires de CoQ10 ont été réalisées post-mortem sur des cohortes humaines pour cartographier l'évolution selon l'âge. Les résultats les plus cités proviennent des travaux de Kalen et al. (1989), qui ont analysé 13 tissus différents chez des sujets de 1 à 100 ans :
- Dans le cœur, les concentrations de CoQ10 atteignent leur pic vers 20 ans, puis diminuent d'environ 40 % entre 20 et 80 ans
- Dans le foie, une réduction de l'ordre de 35 % a été observée sur la même plage d'âge
- Dans le pancréas, la chute est encore plus marquée, pouvant dépasser 50 %
- Dans les muscles squelettiques, le déclin est plus modéré mais néanmoins mesurable
Ces concentrations tissulaires sont particulièrement importantes car ce sont les tissus, pas le plasma, qui utilisent le CoQ10 pour la production d'énergie mitochondriale. Le plasma est un reflet indirect, plus facilement influencé par l'alimentation et la supplémentation.
Dans l'organisme, le CoQ10 existe en permanence sous deux formes interconvertibles : l'ubiquinone (forme oxydée) et l'ubiquinol (forme réduite et active). Cette conversion est assurée par des enzymes spécifiques, notamment les NADH-dépendantes.
Or, cette capacité de conversion n'est pas stable dans le temps. Des études ont montré qu'elle diminue progressivement avec l'âge. Chez le jeune adulte, environ 90 % du CoQ10 plasmatique circulant se trouve déjà sous forme d'ubiquinol, signe que l'organisme convertit efficacement ce qu'il produit. Mais avec l'âge, cette efficacité de conversion diminue, et la proportion d'ubiquinol dans le plasma tend à baisser.
La conséquence pratique est importante : pour une personne de plus de 40 ans, une supplémentation en ubiquinone implique une étape de conversion supplémentaire qui devient moins efficace. La supplémentation directe en ubiquinol contourne cette contrainte.
Des études comparatives ont mesuré les taux plasmatiques de CoQ10 après supplémentation en ubiquinol vs ubiquinone chez des sujets d'âge différents. La différence de biodisponibilité en faveur de l'ubiquinol est plus marquée chez les sujets de plus de 40-50 ans que chez les jeunes adultes.