Des méta-analyses d'essais contrôlés randomisés suggèrent qu'une consommation régulière de fibre de psyllium, de l'ordre de 10 g par jour, est associée à une baisse modeste du LDL-cholestérol (le « mauvais » cholestérol). Il faut cependant poser tout de suite le cadre : dans l'Union européenne, cet effet ne fait l'objet d'aucune allégation de santé autorisée. Le psyllium ne peut donc pas être présenté comme un produit qui fait baisser le cholestérol, ni comme un traitement anticholestérol. Ce qui suit est une lecture de la littérature scientifique, pas une promesse de résultat.
Le statut réglementaire dans l'Union européenne
Dans l'UE, les allégations de santé portées par les aliments et les compléments sont encadrées par un registre officiel géré par la Commission européenne. Une allégation reliant les fibres solubles (dont le psyllium) à la réduction du cholestérol figure sur la liste des allégations NON autorisées de ce registre. Concrètement, aucun acteur ne peut légalement affirmer, en Europe, qu'un produit à base de psyllium réduit le cholestérol.
C'est une différence importante avec les États-Unis, où la FDA autorise depuis 1998 une allégation encadrée (environ 7 g par jour de fibre soluble de psyllium, dans le cadre d'une alimentation pauvre en graisses saturées et en cholestérol). Cette allégation américaine n'a pas d'équivalent validé en Europe. Autrement dit, un même corpus de données scientifiques n'aboutit pas au même statut réglementaire des deux côtés de l'Atlantique.
Pour Cuure, cela signifie une chose simple : nous parlons de ce que la recherche observe, sans en faire un argument produit ni une allégation de santé.
Le mécanisme étudié : les acides biliaires
Le psyllium est une fibre soluble issue des téguments (l'enveloppe) des graines de Plantago ovata. Au contact de l'eau, il forme un gel visqueux dans l'intestin. C'est ce gel qui est au cœur du mécanisme étudié sur le cholestérol.
Dans l'intestin, le foie déverse des acides biliaires, fabriqués à partir du cholestérol, pour aider à digérer les graisses. Le gel de psyllium piège une partie de ces acides biliaires et favorise leur élimination dans les selles, au lieu qu'ils soient réabsorbés. Pour compenser cette perte, le foie doit synthétiser de nouveaux acides biliaires, et il puise pour cela dans le cholestérol circulant. C'est cette sollicitation accrue qui pourrait expliquer la baisse modeste du LDL observée dans certaines études.